
Les préparatifs pour les élections prévues en décembre au Soudan du Sud accusent un retard important, ce qui compromet la transition du pays vers une démocratie stable, selon les avertissements du Conseil de sécurité des Nations Unies. Anita Kiki Gbeho, responsable de la mission des Nations Unies au Soudan du Sud, a exprimé son inquiétude quant à l’impossibilité d’établir les conditions nécessaires pour des scrutins crédibles, pacifiques et inclusifs dans les délais impartis. Les affrontements armés dans l’État de Jonglei ainsi que les cycles de violence communautaire dans les États de Warrap et de Lakes représentent des obstacles majeurs à cette progression.
La situation humanitaire dans la région est jugée extrêmement préoccupante. Entre janvier et juin, la violence a entraîné le déplacement de plus de 420 000 personnes. Le Soudan du Sud accueille également 1,4 million de personnes fuyant le conflit au Soudan, alors que la menace d’une épidémie de choléra fragilise davantage les infrastructures locales. La sécurité du personnel humanitaire s’est également dégradée, avec 36 travailleurs humanitaires tués et 391 incidents liés à l’accès à l’aide recensés en 2026, marquant une augmentation significative par rapport à la même période en 2025.
George Aggrey Owinow, président par intérim de l’organe de surveillance de l’Accord de paix revitalisé, a souligné que les préparatifs électoraux sont nettement en retard sur le calendrier prévu. Il a précisé que le gouvernement de transition a récemment pris la décision de dissocier le recensement national et la constitution des élections de décembre, sans suivre les procédures requises par l’accord de paix.
La crise affecte de manière disproportionnée les femmes et les filles. Près de 65 % des femmes et des filles du pays subissent une forme de violence au cours de leur vie. Par ailleurs, les violences sexuelles liées aux conflits ont augmenté, avec une hausse de 147 % des victimes civiles entre juillet et septembre 2025 par rapport à la même période en 2024.
Les membres du Conseil de sécurité, incluant des représentants de Bahreïn et du Pakistan, ont insisté sur le fait que la tenue d’élections libres et équitables est indispensable pour conclure la transition de manière légitime. Ils ont exhorté les acteurs politiques à privilégier le dialogue et ont appelé à la mise en œuvre complète de l’accord de paix de 2018 afin de garantir une issue pacifique.




